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Nous avons une dernière fenêtre d’opportunité pour réformer ne la perdons pas ! Ce plan ABDA II أبدأ V2.0 propose dix mesures resserrées, réalisables en 3 ans, axées sur le sauvetage de l’économie algérienne et le bien être du citoyen, articulées autour de quatre lignes directrices (ABDA) : téléchargez le document  ABDA  2 (document complet)

La prez de la conférence est désormais disponible et téléchargeable sur ce lien 

Arrêter les dégâts et les gaspillages 

Booster et transformer l’action publique

Démarrer les réformes difficiles

Accélérer les réformes pour rattraper notre retard

Ces dix chantiers prioritaires visent à générer un choc positif pour déclencher l’assainissement des finances publiques, la diversification économique, la croissance et la création d’emploi et le maintien de notre idéal de justice sociale et l’amélioration de la gouvernance et du bien-être du citoyen.

Le collectif NABNI met en garde contre le risque de réduire le diagnostic de la situation économique à la seule « crise » induite par la baisse du prix du baril de pétrole. Persister dans cette erreur de diagnostic et se limiter à des solutions conjoncturelles de réduction des dépenses, « le temps que la tempête passe » ne ferait qu’aggraver la situation et détourner l’attention des problèmes de fond.

Le statu quo n’est plus soutenable : au rythme actuel, le Fonds de Régulation des Recettes s’épuisera en 2017 et les réserves de change disparaitront d’ici 2020.

La gravité de cette crise « conjoncturelle » (provoquée par la baisse du prix du baril de pétrole) ne doit pas occulter « les problèmes structurels ». Notre économie dépendante des hydrocarbures n’a pas entamé le virage de la diversification. Le climat des affaires est des plus défavorables. Notre modèle économique est dans une impasse :

L’urgence est double car il faut à la fois :

i) faire face aux problèmes de court terme résultant du contrechoc pétrolier et

ii) adresser les problèmes structurels à l’origine de la faillite de notre modèle économique

Ce plan d’urgence est dépourvu d’idéologie et se veut pragmatique loin des vœux pieux et des idéaux irréalisables. L’heure des choix a sonné et le réalisme et le pragmatisme doivent prévaloir sur les dogmes. Les capacités actuelles de l’Etat ne changeront pas dans le court-terme. Il faut penser les réformes en tenant compte de ces capacités limitées et de la mauvaise gouvernance qui risque de perdurer. Il nous faudra donc penser à redéployer le rôle de l’Etat vers le service au citoyen et l’intérêt général (services au citoyen, santé, éducation, protection sociale, régulation, climat des affaires et sécurité) et mieux cibler son intervention en tant qu’acteur dans la sphère économique. Aussi, ce plan d’urgence a une portée sociale accentuée en proposant d’améliorer l’accès au logement ainsi que de réformer le système de solidarité et de redistribution plus juste.

Ce Plan d’Urgence traite de mesures économiques, sociales et de gouvernance mais ne traite pas de la santé, ni de l’éducation ni des technologies de l’information, de l’urbanisme, de la culture ou du vivre ensemble car ces sujets – méritant un plan d’urgence à eux seuls – feront l’objet de consultations et de publications spécifiques.

Le message principal que véhicule ABDA est que nous avons une dernière chance et une
formidable opportunité de sauver le navire Algérie du naufrage. Saisissons là maintenant
avant qu’il ne soit trop tard.

Octobre 2015, un an après le choc pétrolier où en sommes-­nous ?

Un contexte durablement turbulent et volatile

Nous faisons, comme en 1985, face à un nouveau choc pétrolier et les indicateurs économiques
suffisent à prendre la mesure de l’urgence de la situation.
Moins d’un an après le choc pétrolier de fin 2014 et l’effondrement des prix du brut, on
s’achemine vraisemblablement vers un baril durablement en dessous de 60 dollars voire autour de
30 dollars selon les scénarios les plus pessimistes. L’Algérie qui dépend à 96% des hydrocarbures
pour ses recettes d’exportation, à 70% pour ses recettes fiscales et à 40% pour son PIB, est de plus
en plus vulnérable face à des marchés pétroliers de plus en plus volatiles et dans une spirale
baissière à court et moyen terme.

Pétrole : Tout laisse à penser que les prix vont rester bas sur les années à venir. Le pétrole iranien
se déversera sur les marchés mondiaux aussitôt l’accord sur le nucléaire entériné. Le pétrole libyen
pourrait en faire de même prochainement. Cet afflux d’offre, conjugué au refus des pays de
l’OPEP dont l’Arabie Saoudite, son principal producteur, de baisser leurs production, ne peut que
maintenir les prix à leur niveau actuel voire, conjugué à un ralentissement de l’économie chinoise
entrainant avec elle l’économie mondiale, de les mener vers l’effondrement.

Gaz : le marché gazier est de plus en plus volatile car l’Union Européenne, le principal client de
l’Algérie, fait pression sur ses fournisseurs afin que le gaz soit indexé sur les prix des marchés
spots, souvent plus bas et plus volatiles, au détriment des contrats de long terme auxquels nous
nous sommes accoutumés, qui offrent plus de visibilité et de stabilité en matière de prix. Par
ailleurs, la Russie multiplie les projets de gazoducs et les accords pour approvisionner l’Europe et
la Chine et le reste de l’Asie (notamment en Gaz Naturel Liquéfié). L’Egypte vient de faire une
découverte majeure. Nos contrats de gaz arrivent à échéance. Tous ces éléments se conjuguent
pour rendre la phase actuelle très difficile pour notre pays. Vu la croissance de la consommation
interne, combien de gaz allons-nous pouvoir exporter à l’horizon 2020 ?

Notre modèle économique, fiscal et budgétaire n’est plus soutenable. Le matelas budgétaire
accumulé au cours des quinze dernières années, le Fonds de Régulation des Recettes, sera épuisé
en 2017. Nous devrons alors recourir à l’endettement, interne, pour commencer. Les réserves de
change s’épuiseront vers 2020. Nous devrons alors recourir à l’endettement externe si rien n’est
fait pour inverser ces tendances.

L’équation est simple mais multiple :

  • Notre Etat dépense trop et mal, notamment en termes de transferts sociaux mal ciblés et
    inefficaces et en termes de dépenses de fonctionnement. Ceux-ci doivent être réduits au
    cours des prochaines années. Nous n’avons pas le choix. Surtout si nous ne voulons pas
    réduire l’effort d’investissement public qui, contrairement à ce qui a été fait dans les années
    1980, doit être maintenu. Même s’il doit être mieux ciblé sur des projets prioritaires et plus
    efficace.
  • L’investissement privé, les exportations et la productivité hors-hydrocarbures sont trop
    faibles. Point de diversification ou d’augmentation substantielle des recettes ordinaires de
    l’Etat, ni d’augmentation sensible de l’assiette fiscale sans un tissu d’entreprises plus
    dense, plus dynamique et en croissance.
  • L’assiette fiscale de l’Etat, en dehors du secteur public et celui des hydrocarbures, est trop
    faible. Il faut trouver de nouvelles sources d’impôts, diversifier et accroître l’assiette
    fiscale.

Pendant ce temps-­là, nos voisins s’adaptent et réforment …

L’été 2015 a vu plusieurs pays de la région Moyen Orient et Afrique du Nord reformer leur
politique de subventions ainsi que leurs politiques d’investissements et le fonctionnement de
leur Administration.

Que ce soit la Jordanie qui réduit ses subventions à l’eau, l’énergie et les denrées alimentaires
pour rééquilibrer son budget, le Maroc qui met fin aux subventions au gaz, au blé et au sucre
(après avoir supprimé celles liées aux carburants), les Emirats Arabes Unis qui mettent fin aux
subventions aux carburants, le Kuwait qui entame ces mêmes réformes et s’ouvre davantage à
l’investissement étranger ou l’Egypte qui a entamé ces mêmes réformes des subventions et du
ciblage des aides. Avant eux, l’Iran, la Tunisie et d’autres avaient mis fin aux subventions à
l’énergie et aux produits alimentaires les réservant aux plus démunis.

Les progrès de nos voisins ne portent pas uniquement sur un meilleur ciblage des subventions
et sur l’abandon de transferts inefficaces par des prix subventionnés pour tous. Ils portent aussi
sur l’amélioration du climat des affaires, de la concurrence et de l’industrialisation. La
stratégie industrielle du Maroc commence à porter ses fruits : les exportations automobiles
viennent de dépasser leurs exportations de phosphate ; l’industrie aéronautique a créé plus de
15.000 emplois et le chômage continue de baisser. La Tunisie et l’Egypte continuent
d’améliorer l’environnement des entreprises. La concurrence pour attirer des investisseurs
internationaux de référence est rude—le résultat est l’insertion dans des chaînes de valeur
globales. Notre pays est en dehors de cette dynamique. On ne peut plus se le permettre. La
situation financière a mis à nu l’échec de notre approche économique qui est en décalage avec
celles des pays qui croissent et se développent, dans notre région, en Asie ou ailleurs.

Dix chantiers en trois ans pour redresser la barre—nous ne pouvons aspirer à plus, compte tenu de nos capacités actuelles de mise en oeuvre de réformes

Point de salut sans commencer les vraies réformes difficiles, en profondeur et de façon
cohérente et globale afin qu’elles produisent leurs effets au plus vite : rationalisation des
importations, rationalisation de la consommation, des dépenses de l’Etat et de nos ressources
financières et naturelles, accroissement des recettes fiscales de l’Etat.

Inutile de concevoir des méga-plans d’actions : la capacité de mise en oeuvre des réformes est
limitée. L’exigence de réalisme nous impose de voir la réalité en face : notre Etat et ses institutions sont affaiblis. La capacité de réforme est très limitée. Nous ne pouvons pas compter sur une mue instantanée de notre Administration qui lui permettrait de mettre en oeuvre un plan d’actions global, complexe et multisectoriel.
Ces dix chantiers s’articulent autour de 4 lignes directrices :

  Arrêter les dégâts et les gaspillages

Il s’agit d’inverser les décisions qui ont clairement échoué, qui ont montré leur inefficacité ou qui
sont trop coûteuses ou injustes et mènent au gaspillage. « Arrêter les dégâts » en permettant
d’initialiser immédiatement des changements d’approche conséquents qui freinent la détérioration
de la situation. Faire ce que l’Etat fait si rarement: admettre que certains choix étaient contre productifs et y mettre fin.

Mesure n° 1 : Rationaliser les dépenses et recettes de l’Etat  (Téléchargez le document en pdf)

Mesure n° 2 : Améliorer l’accès au logement  (Téléchargez le document en pdf)

Booster et transformer l’action publique

Il s’agit d’identifier des mesures fondamentales de réforme de l’Etat et de la gouvernance qui
jettent les bases d’un Etat moderne, d’un Etat de DROITS (Détaché de la rente, Redevable,
Ouvert, Inclusif, Transparent et Stratège). Il s’agit d’identifier quelles mesures structurelles
peuvent être mises en oeuvre en trois ans. Réaliser un bond qualitatif dans la gouvernance publique.

Mesure n° 3 : Engager un bond de transparence et d’accès à l’information publique  (Téléchargez le document en pdf)

Chantier n°4 : Créer une delivery unit pour la mise en oeuvre des réformes  (Téléchargez le document en pdf)

Chantier n° 5 : Créer une nouvelle école de gouvernance  (Téléchargez le document en pdf)

  Démarrer les réformes difficiles

Il s’agit d’engager sans attendre, même à petites doses et de façon progressive, les réformes les
plus difficiles que nous savons inévitables. Profiter de l’opportunité que nous avons encore
d’étaler dans le temps ces réformes afin d’en limiter le coût social et de mettre en place les
mécanismes compensatoires pour les citoyens les plus affectés afin de réduire efficacement la
pauvreté. Même de manière graduelle, le but est de commencer ces réformes jamais entamées.
Engager des réformes qui peuvent être impopulaires mais qui sont inévitables. Ignorées et évitées depuis trop longtemps : il est temps d’y aller  !

Chantier° 6 : Amorcer la refonte du système de redistribution sociale en lançant un programme de transferts monétaires directs ciblé vers les plus démunis   (Téléchargez le document en pdf)

Chantier n° 7 : Entamer une augmentation progressive et différenciée des prix des biens et services
subventionnés  (Téléchargez le document en pdf)

  Accélérer les réformes pour rattraper notre retard

Il s’agit de donner un coup d’accélérateur aux réformes qui sont restées trop longtemps en
suspens. Des « bonds en avant » pour engager le changement, mobiliser l’Administration, aboutir
à des résultats sur trois ans et donner de la crédibilité au processus. Choisir trois chantiers de
réformes prioritaires—pas plus—et concentrer les efforts et le capital politique et administratif
pour réaliser un bond qualitatif majeur, tangible et visible. Avancer sur ce qui a trop longtemps été bloqué

Chantier n° 8 : Opérer la réforme bancaire en 3 ans  (Téléchargez le document en pdf)

Chantier n° 9 : Réaliser un choc de simplification administrative pour les entreprises  (Téléchargez le document en pdf)

Chantier n° 10 : Attirer 10 investissements directs étrangers (IDE) majeurs de 10 multinationales
de référence dans 10 secteurs avec création de pôles de compétitivité autour d’eux   (Téléchargez le document en pdf)

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